Gavarnie VENDU

Gavarnie VENDU

Type de pierre : Ardoise
Fiche technique : 26 ½ X 15 X 6 (po) long. x larg. x épais. (approx.)
Drain : 1 ¼

«Vous avez visité peut-être les Alpes, les Andes, les Cordillères et vous avez depuis quelques semaines les Pyrénées sous les yeux ; quoi que vous ayez pu voir, ce que vous apercevez maintenant ne ressemble à rien de ce que vous avez rencontré ailleurs.
Jusqu’ici vous avez vu des montagnes ; vous avez contemplé des excroissances de toutes formes, de toutes hauteurs ; vous avez exploré des croupes vertes, des pentes de gneiss, de marbre ou de schiste, des précipices, des sommets arrondis ou dentelés, des glaciers, des forêts de sapins mêlées à des nuages, des aiguilles de granit, des aiguilles de glace ; mais, je le répète, vous n’avez vu nulle part ce que vous voyez en ce moment à l’horizon. Au milieu des courbes capricieuses des montagnes, hérissées d’angles obtus et d’angles aigus, apparaissent brusquement des lignes droites, simples, calmes, horizontales et verticales, parallèles ou se coupant à angles droits (...). Est-ce une montagne ? Mais quelle montagne n'a jamais présenté ces surfaces rectilignes, ces plans réguliers, ces parallélismes rigoureux, ces symétries étranges, cet aspect géométrique ? Est-ce une muraille ? Voici les tours en effet qui la contre-butent et l’appuient, voici les créneaux, voilà les corniches, les architraves, les assises et les pierres que le regard distingue (...).
Qu’est-ce donc que cet
objet inexplicable qui ne peut pas être une montagne et qui a la hauteur des montagnes, qui ne peut pas être une muraille et a la forme des murailles ? C’est une montagne et une muraille tout à la fois ; c’est l’édifice le plus mystérieux du plus mystérieux des architectes; c’est le Colosseum de la nature; c’est Gavarnie.»

Victor Hugo

Au début de l’été de 1843, Victor Hugo part deux mois avec Juliette Drouet en Espagne et dans les Pyrénées. Le 31 août, ils découvrent le cirque de Gavarnie. Le poète est stupéfait.

Gavarnie, de Gustave Doré